Depuis la fin des années 1990, Jeanne Susplugas mène une recherche approfondie sur les distorsions sociales et psychologiques qui caractérisent nos modes de vie, toujours plus complexes. Son travail atteste d’une pratique finement construite sur le conditionnement de l’être humain et témoigne de la vacuité d’un monde aux apparences trompeuses. Elle s’en prend à toutes les formes et toutes les stratégies d’enfermement pour interroger les relations aux autres et à nous-mêmes.

 

Les mediums explorés, du dessin à la vidéo en passant par l’installation, la photographie et la céramique, témoignent d’une esthétique raffinée et singulière. Dans un premier temps, le travail de Jeanne Susplugas séduit le spectateur, notamment grâce à l’humour ou encore aux choix et à la variété des matériaux utilisés – qu’ils soient dits pauvres ou précieux. Mais très vite, un second niveau de lecture s’impose, plus lourd, grinçant et sensible. C’est bien de notre société dont l’artiste nous parle, avec pudeur et distance, attraction et répulsion.

 

Sans pour autant porter un jugement de valeur, Jeanne Susplugas scrute nos habitudes, nos idées préconçues, nos peurs et nos aveuglements. Des images presque familières évoquent autant le soin que la menace, l’assistance et le danger, la nécessité et l’addiction. Sous couvert de l’humour, il s’agit bien de petits drames personnels qui s’expriment à travers des manies ou bien même de la potentialité conflictuelle des relations entre les êtres.

 

Le travail de Jeanne Susplugas a été largement montré dans des lieux tels le KW Institute for Contemporary Art à Berlin, Pioneer Works à Brooklyn, la Emily Harvey Foundation à New York, la Villa Médicis à Rome, le Shanghai 21st Century Minsheng Art Museum, le Palais de Tokyo ou la Maison Rouge à Paris. Ses films ont été présentés lors de festival tels Hors Pistes (Centre Pompidou, Paris), Locarno International Festival, Miami International Festival.