Les places, les parcs, les lacs, les jardins d’enfants, les rampes de skate qu’elle dépeint sont vides d’humains, mais occupés par des aménagements à la fois étrangement familiers et foncièrement étranges. Tout paraît pourtant « normal » au premier coup d’œil et on serait tenté de passer chemin, mais quelque chose finit par nous attraper. Peut-être l’arbitraire des couleurs? Peut-être la lumière trop pure? Peut-être certains objets flottant comme en apesanteur? Le mobilier urbain devient alors matière à contemplation, comme dans les « peintures métaphysiques » de Chirico, mais sans avoir besoin d’aucun artifice surréaliste pour parvenir à cette fin.

extrait du texte "La tragédie des choses nulles" de Lionel Morel